
Publié le 3 février 2019 par surfergirlaroundtheworld

À Medellín, on ne prononce pas le nom de Pablo Escobar à voix haute, et l’envie de faire un tour guidé sur la vie de « El Patrón » se garde pour soi. Personne ne me l’a dit… mais ce genre de choses, on le ressent.

Depuis que je suis à Medellin, personne n’a encore prononcé son nom en ma présence, c’est comme dans Harry Potter; celui-dont-on-ne-doit-pas-prononcer-le-nom. Pablo Escobar c’est l’équivalent de Lord Voldemort. Ici, beaucoup d’entre eux s’énervent en entendant que les étrangers veulent participer à un tour sur Pablo Escobar. Même que certains hôtels jettent dehors leur clients quand ils savent qu’ils ont fait le tour…
D’ici 2 à 5 ans ce tour n’existera plus. Pourquoi? Parce que c’est trendy en ce moment à cause de Narcos et que l’effet va s’estomper. Et aussi parce qu’il n’y aura plus rien à voir. Le 22 février 2019, le gouvernement va détruire le Monaco Building pour le transformer en parc, j’ai eu la chance de voir le bâtiment quelques jours avant sa destruction. Et ce n’est qu’un début… Les autorités de la municipalité de Medellin en Colombie ont fait fermer un musée dédié au baron de la drogue Pablo Escobar, ça vous donne une idée.
Je me suis vraiment questionné à savoir si je le faisais ou pas. Mais j’ai envie de vivre mon aventure colombienne au maximum. Donc, j’ai trouvé la meilleure agence qui propose ce tour et j’ai réservé un tour privé et avec un supplément, je vais avoir accès à la Catedral, la prison que Pablo s’est construite.
Si vous venez en Colombie et que vous dites que vous aimez la série Netflix Narcos, ils vont un peu capoter… dans le mauvais sens.

Premièrement, parce qu’il y a que 10% de vrai dans la série, tout le reste a été romancé ou bien modifié. De plus, l’acteur qui joue Pablo est brésilien et il paraît que son accent de Medellin est nulle à chier. Donc, si vous voulez vraiment connaître la vrai histoire, il faut écouter la série colombienne : Pablo Escobar, El patron del Mal.
Pour en revenir à mon activité, beaucoup n’aiment pas l’idée que les tours pour touristes veulent glorifier Escobar. C’est une perspective locale que j’ai essayé d’apprécier et de comprendre.
Par respect pour la population locale, je pensais que ce n’était pas bien de faire le tour. J’ai compris que cette partie de l’histoire de Medellín était encore trop récente pour être explorée. Pourtant, ma curiosité à propos de cet homme, dont le nom a longtemps été synonyme de Medellín et de la Colombie, était toujours présente. Donc après mûr réflexion… j’ai décidé de le faire mais de façon très discrète et surtout en privé.
Je voulais comprendre l’histoire et entendre parler de cette période si malheureuse de la Colombie et du passé de Medellín.

Les tours Pablo Escobar existent à cause d’une curiosité morbide. Je ne vais pas vous mentir. La série populaire Narcos sur Netflix a encore plus renforcé la curiosité des gens à propos de Pablo Escobar, même si 90% de la série est romancée et erronée. Comment un seul homme pouvait-il exercer un tel contrôle sur une ville, un pays, le monde et causer une telle destruction?
Je voulais voir la prison qu’il a construite – La Catedral. Je voulais regarder sa tombe. Je voulais voir le toit où il a été abattu et tué. Je voulais voir sa résidence près d’Envigado.
Partager l’histoire et expliquer le présent c’est un devoir important de tout voyageur. Mais vous ne pouvez pas comprendre une culture et ses habitants sans comprendre son histoire. Presque toutes les personnes vivant à Medellín ont été touchées d’une façon ou d’autre au cours de la période douloureuse des années 80 et 90.
Il faut bien connaître cette histoire pour pouvoir en discuter intelligemment. En tant que voyageur, notre responsabilité consiste à rentrer chez nous et à dissiper ces mythes et légendes urbaines. En fait… je crois…

Bienvenue dans l’univers de l’un des personnages les plus redoutés — et controversés — de l’histoire contemporaine : Pablo Escobar. Ce tour n’est pas une glorification, mais une immersion dans la réalité complexe d’un homme qui a marqué à jamais la Colombie et le monde. Entre faits historiques, lieux emblématiques et récits poignants, prépare-toi à explorer les coulisses du cartel de Medellín, à comprendre l’impact profond du narcotrafic sur la société, et à découvrir comment une ville a su se reconstruire après l’ombre.
Histoire, pouvoir, violence, rédemption : ce tour t’invite à ouvrir les yeux, à questionner, et à apprendre.

La première étape de la visite a été de voir le toit du bâtiment où il a été abattu. Il est décédé le 2 décembre 1993, à l’âge de 44ans, après la découverte de sa cachette.
La visite commence là où tout s’est terminé pour lui : sur le toit d’une maison modeste du quartier Los Olivos. C’est ici que Pablo Escobar a été abattu par la police colombienne, le 2 décembre 1993, à l’âge de 44 ans. Après des mois de traque intense, les autorités ont fini par localiser sa planque grâce à un appel téléphonique intercepté. La scène est aujourd’hui banale, presque anodine… mais quand on lève les yeux vers ce toit, on sent le poids de l’histoire.
La maison que Netflix a utilisée pour filmer la scène dans Narcos, est située à 3 maisons de la vraie cachette de Pablo.
Voici un graffiti anti-narco-tourisme situé sur la bâtisse juste à côté de la maison où est mort Pablo.
Pablo Escobar continue à recevoir de la visite et il est dans le cimetière Montesacro, où il est enterré avec le reste de sa famille.
Vingt-cinq ans après sa mort, Pablo Escobar n’est pas oublié. Sa tombe au cimetière Montesacro, à Medellín, reçoit chaque jour entre 250 et 350 visiteurs, curieux ou fascinés par son histoire.

Il repose ici aux côtés de plusieurs membres de sa famille, dans une allée simple et bien entretenue. Certains déposent des fleurs, d’autres des messages… comme si le mythe de « El Patrón » continuait de vivre, même sous terre.


Ce qui surprend certains visiteurs, c’est de découvrir que Griselda Blanco repose elle aussi ici, à quelques pas de Pablo Escobar. Connue sous le nom de « la Marraine de la cocaïne », elle a joué un rôle majeur dans le développement du narcotrafic entre la Colombie et les États-Unis bien avant Escobar.
Implacable, redoutée, elle a ouvert la voie à tout un empire. Que leurs tombes se retrouvent dans le même cimetière ajoute une étrange ironie à l’histoire — deux légendes d’un monde sombre, réunies dans la mort.

Pablo Escobar et sa famille ont passé une partie de leur vie à Envigado, une banlieue de Medellin. Lorsque l’argent a commencé à affluer dans les coffres de Pablo, il a partagé une partie de cette richesse avec les habitants d’Envigado.
Envigado, cette banlieue tranquille de Medellín, a été le théâtre d’une partie importante de la vie de Pablo Escobar et de sa famille. C’est ici, dans ce quartier calme et modeste, qu’il a grandi avant de bâtir son empire. Quand l’argent des trafics a commencé à affluer dans ses coffres, Pablo n’a pas oublié ses racines. Il a redistribué une grande partie de sa fortune à la communauté locale, finançant des projets d’infrastructure, construisant des maisons et même des écoles pour les plus démunis. Pour beaucoup d’habitants, il était perçu comme un Robin des Bois moderne, un bienfaiteur qui apportait un luxe inconnu dans cette zone populaire. Mais ce geste généreux n’a fait que renforcer son emprise sur la ville, rendant difficile la distinction entre charité et manipulation. Aujourd’hui, le quartier reste un symbole du double visage d’Escobar : celui du criminel impitoyable et de l’homme qui a offert à sa communauté ce que l’État ne pouvait ou ne voulait pas fournir.

Entre autres choses, il a acheté un éclairage électrique pour les terrains de football afin que les équipes d’Envigado puissent jouer la nuit, comme pour le fameux Cancha de Eldorado.

La Catedral, la prison d’Escobar. J’ai fait un long trajet en voiture avec mon guide privé, hors de la ville et nous nous sommes retrouvés à remonter un chemin en retrait, une route de campagne, pour atteindre La Catedral. (Moyennant un supplément $$$ sur le tour de base)

La Catedral est la prison qui a abrité Escobar entre 1991 et son évasion un an et demi plus tard, en 1992. Escobar a été autorisée à concevoir la prison. Jacuzzi et plus, le tout dans un design somptueux à l’époque. Il avait une vue sur tout Medellin et même sur l’aéroport, ce qui lui permettait de voir venir les coups et continuer à exercer son contrôle.

La Catedral, la prison personnelle de Pablo Escobar, reste l’un des lieux les plus marquants de son histoire. Pour y accéder, j’ai fait un long trajet en voiture avec mon guide privé, quittant la ville et remontant un chemin isolé, une route de campagne qui semblait nous mener loin de tout. La bâtisse, perdue dans la montagne, a été conçue par Escobar lui-même, un lieu où il aurait pu vivre en toute liberté tout en étant enfermé.

Officiellement, c’était une prison, mais il a fait construire tout un complexe luxueux : une salle de billard, des piscines, des terrains de football… L’endroit était plus un club privé qu’un centre de détention. C’était son moyen de négocier sa reddition avec les autorités, en échange d’une « prison » qu’il contrôlait entièrement. Mais cette autonomie a rapidement dégénéré.

C’est ici qu’il a organisé ses propres affaires, et même d’autres meurtres, tout en restant « sécurisé » dans son royaume isolé.

Aujourd’hui, ce lieu semble presque hors du temps, avec des ruines qui témoignent de la folie du pouvoir de Pablo Escobar et de son évasion constante des règles imposées par l’État.

Le site comprend une piste d’atterrissage pour hélicoptères qui offre une vue imprenable sur la ville de Medellín.

Cet édifice apparaît comme une forteresse surmontée d’un appartement-terrasse, l’Edificio Mónaco abritait Escobar et sa famille jusqu’à ce que leurs rivaux lancent une voiture piégée à l’extérieur en 1988. Ils ont quitté les lieux peu de temps après. La bâtisse a été détruite le 22 février 2019.
L’Edificio Mónaco, imposant et presque invincible, se dressait comme une forteresse surplombant Medellín. C’était là, dans cet appartement-terrasse luxueux, que Pablo Escobar et sa famille résidaient avant que leur monde ne bascule. En 1988, leurs rivaux, dans un acte de guerre ouverte, ont lancé une voiture piégée à l’extérieur de l’immeuble, dans une tentative de les éliminer. Après cette attaque, Escobar et sa famille ont rapidement quitté les lieux, une fois de plus contraints de fuir. Le Monaco était à la fois un symbole de pouvoir et de vulnérabilité, un endroit où l’on voyait à quel point Escobar avait bâti son empire sur la violence et la peur. Après des années de délabrement et de négligence, l’immeuble a finalement été démoli le 22 février 2019. Aujourd’hui, il n’en reste que des souvenirs et des vestiges, mais l’emplacement demeure un témoin silencieux de l’ampleur du règne d’Escobar sur Medellín.

J’ai trouvé le tour fascinant et les faits que j’ai appris m’a permise de comprendre à quel point la série Narcos était sensationnaliste. Je travaille en cinéma et télévision depuis 1996, donc je connais la game et on m’en parle depuis mon arrivée en Colombie.
J’estime que l’histoire est encore trop récente et encore trop crue dans l’esprit de nombreuses personnes. Donc, il y a un certain malaise à faire ce tour mais je ne le regrette pas.

Juste avant sa mort, sur le toit.
À vous de voir si vous voulez faire le tour ou non. Je vais faire d’autres tours, on m’a fortement suggéré Real City Tour pour connaître la ville et l’histoire de Medellín et aussi le Graffity Tour Comuna 13. Je vais vous parler de ces activités et plus dans mon article sur la ville de Medellin.
Maintenant … Plata o Plomo ?
Pour en savoir plus sur Medellin, cliquez ici sur ce lien.

J’ai expérimenté plusieurs options pour mes données cellulaires à l’étranger mais depuis 2021 je ne jure que par les eSIM de la compagnie Airalo. Une solution simple, rechargeable et avec plusieurs forfaits. Pas besoin de carte SIM physiquement, le tout est géré facilement avec une application, par contre ton cellulaire doit être compatible. C’est pour les données cellulaires seulement. Je fais mes appels ou textos sur Messenger, FaceTime ou WhatsApp. Il y a des cartes par pays, par région et mondiale, il n’y a pas tous les pays, Cuba ne s’y trouve pas par exemple. Plus la carte couvre des pays, plus elle coutera chère mais pour faire plusieurs destinations comme un roadtrip en Europe, ça peut avoir ces avantages de payer plus cher et rester connecté. Moi, je voyage qu’avec ça ! Je suis partie en Égypte, New York, Guatemala et Belize avec des eSIM Airalo.
Tu auras 3$ USD en utilisant mon code : GENEVI9073
La visite des lieux emblématiques liés à Pablo Escobar nous plonge dans une époque marquée par la violence, le pouvoir et l’illusion de l’invincibilité. À travers ces arrêts, on se rend compte que Medellín, encore aujourd’hui, porte les cicatrices de ce passé tumultueux. Cependant, la ville a également réussi à se réinventer, à se reconstruire, à se libérer en partie de l’ombre d’Escobar. Les sites que j’ai visités sont devenus des points de mémoire, témoignant d’un héritage complexe, où le bien et le mal se confondent, où la violence a laissé sa trace, mais où la résilience de la ville et de ses habitants continue de façonner son avenir.
LIENS VERS LES AUTRES ARTICLES UTILES SUR LA COLOMBIE
Catégorie: amerique du sud, aventure, Beach, Colombie, cours d'espagnol, Island, Island life, montreal, Musée, Narco-tourisme, Narco-trafiquants, Pablo Escobar, périple, Plage, roadtrip, South Pacific, surf, surfergirl, voyage, voyager en solo Tags: ameriquedusud, backpack, backpacker, girl, roadtrip, surf, surfergirl, surfergirlaroundtheworld, surfeuse, surfing, travelerlife, traverler, voyageuse
Surfer girl around the world
Abonnez-vous pour poursuivre la lecture et avoir accès à l’ensemble des archives.
Surfer girl around the world
Ping : Voici les 10 principaux signes que vous êtes un flashpacker ! | Surfer girl around the world